Réponse à Ali Farid Belkadi

Guy de Maupassant a écrit : « Le monde accuse, soupçonne et calomnie avec une déplorable facilité. » 

C’est particulièrement le cas pour les prétendus historiens mais surtout idéologue comme MR.BELKADI. Dans un de ses articles ce personnage a osé s’attaquer au père de l’Algérie moderne notre Émir Abdelkader ainsi qu’à sa famille. Entre accusations abjectes et raccourcis peu scrupuleux nous allons mettre à nue les manipulations et autre balivernes éhonteusement proliférées par cet adepte du charlatanisme.

Pour commencer MR.BELKADI parle de « la famille de l’Émir Abdelkader » comme si il s’agissait d’un bloc uni. Ne sait-il pas qu’après la mort de notre Émir ses 10 fils ont prit des chemins différents ? On parle d’un clan pro-Ottoman et d’un autre clan pro-Français. Seul les descendants fidèles à la France (peu nombreux) touchaient une pension. Par exemple le Fils aîné de l’Émir Abdelkader, l’Émir Muhammed fut un Général Ottoman commandant spécial des gardes du Sultan Abdulhamid 2 avant de devenir juge au tribunal d’Edirne. Est ce que cet homme touchait une pension de la France ? Bien sûr que non. Parlons de l’Émir Khaled, petit-fils de l’Émir Abdelkader véritable bête noir de l’administration coloniale qui demandera l’indépendance de l’Algérie et sera honoré par l’émérite nationaliste Messali Hadj. Parlons de l’Émir Abdelmalek qui dans une stratégie conjointe avec son frère l’Émir Ali a déclenché une révolte dans le Rif dans le but de libérer les peuples du maghreb. l’Émir Ali, qui a crée au côté du Cheikh Salih chérif At-Tunsi un comité pour l’indépendance de l’Algérie et de la Tunisie à Berlin avec les Allemands pendant la Première Guerre mondiale et qui supervisait des opérations de résistance au colonialisme partout en Algérie. Cet émir Ali est d’ailleurs le père de l’Émir Saïd qui sera accueillit par le président Houari Boumedienne à Alger et qui finira sa vie modestement à Mascara dans le pays de son glorieux Aïeul l’Émir Abdelkader. Ali Farid Belkadi est un vicelard qui a un objectif bien précis. Sa méthodologie douteuse et honteuse consiste à fustiger un héro historique en l’association à ce « Razak » qui est un rejeton oublié et oubliable. On trouve des descendants de l’Émir Abdelkader parmis les indépendantistes Libanais et en parallèle parmis parmis les Jeune-Turcs quand MR.BELKADI parle de « la famille de l’Émir Abdelkader » il sait très bien et nous savons très bien ce qu’il fait : manipuler le lecteur. Il s’agirait désormais de nommer la branche de la famille que vous fustigez (à raison?) car une lettre obscur d’un anglais se faisant passer pour on ne sait qui ça ne suffit pas. Les effets de l’Émir Abdelkader se trouve d’ailleurs au Musée national du Moudjahid et à celui de l’armée et dans tout un tas de musée sauf celui du Louvres.

« Lors de l’insurrection attribuée à Al-Mokrani. Abdelkader sans mot dire quitta ses invités pour revenir quelques instants plus tard drapé de son plus beau burnous, arborant son grand cordon de la légion d’honneur française. »

L’Homme qui a écrit ses lignes (MR.BELKADI) est un manipulateur, cette scène (si elle est vraie) n’a aucun rapport avec l’insurrection de 1871, selon Didier Destremau et Christian Sambin c’était lorsque l’ont vint lui dire que Napoléon III (qui l’a libéré et honoré) avait été destitué qu’il « sortait puis revenait arborant sa belle décoration écarlate » [Le Roman de la Syrie, chapitre 10.]

Entre procédé de comptoir « bon patriote français » et comparaison burlesque « pétain Algérien » Ali Farid Belkadi s’illustre dans cet article par son incompétence, sa mauvaise foi et son affreuse partialité.

Correspondance entre le Dey d’Alger et le Pacha de Tripoli..

Le Dey Hussein d’Alger avait demandé de l’aide au Bey de Tunis, au Sultan du Marocet au Pacha de Tripoli pour contrer les français, les deux premier refusèrent et le Pacha Youssouf de la dynastie Karamanli enverra cette lettre :

TRÈS EXCELLENT SEIGNEUR,

Louange à Allah ! Puissent ses bénédictions s’étendre sur la plus parfaite des créatures, la lumière qui vivifie les ténèbres, le Prophète après lequel il ne viendra plus de prophète, Muhammed, sa famille et ses compagnons !

Que Dieu conserve le souverain fort, victorieux sur terre et sur les mers, dont la puissance est redoutée de toutes les nations au point de les remplir de terreur, le chef des guerriers qui combattent pour la foi, celui qui retrace les vertus des califes, dont le génie est élevé et l’aspect gracieux, notre frère Sidi Hussein, pacha d’Alger la bien gardée, et le séjour des ennemis des Infidèles ! L’assistance de Dieu soit toujours avec lui ! Que la victoire et la prospérité guident ses pas ! Après vous avoir offert nos salutations les plus sincères et les plus parfaites (que la miséricorde de Dieu et ses bénédictions vous visitent soir et matin), nous avons l’honneur de vous exposer que nous sommes, et Dieu en soit loué!
Dans une situation satisfaisante, et que nous demeurons fidèle aux sentiments d’amitié et d’affection qui depuis longtemps ont uni d’une manière si étroite, en toutes circonstances, les deux souverains des deux régences d’Alger et de Tripoli, sentiments dont nous ne nous écarterons jamais. Votre lettre nous est arrivée, nous en avons rompu le cachet, et nous avons lu les bonnes nouvelles que vous nous y donnez relativement à votre personne. Vous nous informez aussi qu’il était venu à votre connaissance que nous faisions des préparatifs sur terre et sur mer, et que nous nous disposions à marcher à la rencontre du maître des pachaliks de l’Orient. Votre Excellence s’en étonne et nous demande à lui expliquer cette circonstance, non pas d’une manière succincte, mais avec détails.
Avant la lettre que nous écrivons aujourd’hui, vous savez que nous vous en avons écrit une autre, dans laquelle nous vous faisions connaître que les nouvelles qui ont donné lieu à nos préparatifs étaient venues de tous côtés, qu’elles se trouvaient dans les journaux reçus par les consuls, et elles sont assez justifiées par l’événement, que les Français, ces ennemis de Dieu, étaient, disait-on, les instigateurs de Mehemet-Ali dans cette affaire; qu’ils l’avaient excité à s’emparer du pachalik de l’Occident, lui avaient persuadé que les chemins étaient faciles, lui avaient promis de l’aider à accomplir les projets d’indépendance qu’il poursuit, et à devenir roi de toute l’Afrique des Arabes; qu’ils s’étaient engagés à l’appuyer par l’envoi d’une expédition qui irait mettre son fils Ibrahim Pacha en possession d’Alger.
« Eh bien ! Lorsque nous avons eu connaissance de ces nouvelles, nous avons levé et équipé des troupes, et préparé tout ce qui est nécessaire pour faire la guerre. Nous avons en même temps envoyé aux habitants de toutes les parties de notre régence l’ordre de se tenir prêts à entrer en campagne, et d’être bien sur leurs gardes.
Maintenant, si Dieu permet que Mehemet-Ali se présente, nous le recevrons à la tête de nos troupes, sans sortir toutefois des limites de nos possessions, et nous le ferons repentir de son entreprise. S’il plaît à Dieu, il retournera sur ses pas avec la honte d’une défaite; avec la grâce du Tout-Puissant, nous lui donnerons le salaire qu’il mérite pour sa conduite. Les trames perfides tournent toujours contre ceux qui les ourdissent.
Ce n’est pas que nous ne fussions content que Mehemet-Ali, se bornant à ses états, renonçât à ses projets de porter la guerre dans les nôtres; car nous n’avons rien de plus à cœur que d’épargner le sang des musulmans, et de voir l’islamisme dans une paix complète. La guerre entre fidèles est un feu, et celui qui l’allume est du nombre des misérables.
Si Votre Seigneurie désire avoir des nouvelles concernant notre personne, nous lui dirons que nous avons été fort ennuyé et fort affligé que les Français (que Dieu fasse échouer leur entreprise !) rassemblaient leurs troupes, et allaient se diriger contre votre Royaume.
Nous n’avons cessé d’en avoir l’esprit en peine et l’âme triste, jusqu’à ce qu’enfin, ayant eu un entretien avec un saint de ceux qui savent découvrir les choses les plus secrètes, et celui-là a fait en ce genre des miracles évidents qu’il serait inutile de manifester, je le consultai à votre sujet;
il me donnât une réponse favorable qui, je l’espère de la grâce de Dieu, sera plus vraie que ce que le ciseau grave sur la pierre. Sa réponse a été que les Français (que Dieu les extermine ! ) s’en retourneraient sans avoir obtenu aucun succès.
Soyez donc libre d’inquiétude et de soucis, et ne craignez, avec l’assistance de Dieu, ni malheur, ni revers, ni souillure, ni violence. Comment d’ailleurs craindriez-vous ?
N’êtes-vous pas de ceux que Dieu a distingués des autres par les avantages qu’il leur a accordés? Vos légions sont nombreuses, et n’ont point été rompues par le choc des ennemis; vos guerriers portent des lances qui frappent des coups redoutables,
et ils sont renommés dans les contrées de l’Orient et de l’Occident; votre cause est en même temps toute sacrée, vous ne combattez ni pour faire des profits, ni dans la vue d’aucun avantage temporel, mais uniquement pour faire régner la volonté de Dieu et sa parole.
Quant à nous, nous ne sommes pas assez puissant pour vous envoyer des secours; nous ne pouvons vous aider que par de bonnes prières, que nous et nos sujets adresserons à Dieu dans les mosquées.
Nous nous recommandons aussi aux vôtres dans tous les instants. Dieu les exaucera par l’intercession du plus généreux des intercesseurs et du plus grand des prophètes.
Nous demandons à Votre Seigneurie de nous instruire de tout ce qui arrivera; nous en attendons des nouvelles avec la plus vive impatience; elle nous obligera de nous faire connaître tout ce qui l’intéressera. Qu’elle vive éternellement en bien, santé et satisfaction ! Salut.

Le 24 del kaadi de l’an 1245 (1830). Youssef Pacha Ben ali de Tripoli

Le raïs Mozabite

Le raïs El Moro dit « Le Grand Maure » était originaire du Mzab dans le désert Algerien. Garçon, il travaillait dans une triperie d’Alger avant de s’engager en tant que matelot dans la marine. Ses talents vite remarqué par ses supérieurs lui permirent de gravir les échelons. Il devint d’abord capitaine d’un petit navire et ensuite Raïs d’une grande galère. Ce statut lui permit d’intégrer la taïfa des Raïs et de devenir un des plus importants responsable de la régence sous le Pachalicat (1587-1659) Selon ses adversaires « c’était un lion dans les combats et un agneau dans ses victoires; il traitait ses ennemis vaincus avec une grande douceur. »

Le livre d’Ali Rédha Pacha El Djazairi

Le livre se constitue en 444 pages et 18 chapitres relatant l’Histoire de l’Algérie de 1512 à 1848

Chapitre 1 : Une définition géographique de l’Afrique du Nord et de l’Algérie et les circonstances de l’émergence des frères Barberousse dans la région.

Chapitre 2 : l’Algérie avant l’arrivée des frères Barberousse.

Chapitre 3 : Les coutumes et traditions de l’Algérie et son système de gouvernement avant  la domination ottomane.

Chapitre 4 : Les lois et règlements établis par Kheyreddin Barbarossa en Algérie tout au long de leur règne.

Chapitre 5 : Les circonstances de l’occupation française de l’Algérie et information sur la vie d’Hussein Dey, le dernier souverain d’Algérie.

Chapitre 6 : Relations algéro-françaises avant la conquête

Chapitre 7 : L’attaque de l’armée française sur la ville d’Alger.

Chapitre 8 : L’entrée de l’armée française dans la ville d’Alger

Chapitre 9 : non respect des français du traité de reddition.

Chapitre 10 : Les relations des habitants de l’Algérie avec l’Empire ottoman.

Chapitre 11 : L’exil des janissaires et d’Hussein Dey hors d’Algérie.

Chapitre 12 : Hamdan ben Othman Khoja a servi de médiateur entre les Français et le hadj Ahmed Bey.

Chapitre 13 : La première campagne française contre Constantine.

Chapitre 14 : La deuxième campagne française contre Constantine et sa capture.

Chapitre 15 : La résistance de l’émir Abdelkader et du Hadj Ahmed Bey aux Français.

Chapitre 16 : Les grandes batailles de l’émir Abdelkader et sa défaite.

Chapitre 17 : information sur quelques gouverneur de la régence d’Alger

Chapitre 18 : sa vie personnelle (à Ali rédha pacha)

Les 22 chefs historiques du Front de Libération National

Si Mostefa Ben Boulaid

Othmane Belouizdad

Ramdane Benabdelmalek

Benmostefa Benaouda

Lakhdar Bentobal

Rabah Bitat

Zoubir Bouadjadj

Said Bouali

Ahmed Bouchaïb

Mohamed Boudiaf

Boudjemaa Souidani

Abdelhafid Boussouf

Lyès Deriche

Didouche Mourad

Abdessalam Habachi

Abdelkader Lamoudi

Larbi Ben M’Hidi

Mohamed Mechati

Slimane Mellah

Mohamed Merzoughi

Badji Mokhtar

Zighoud Youssef

Le Dey Muhammad V, un souverain exceptionnel

Le long règne du dey Mohamed Ben Othmane (1766-1791) fut caractérisé par la stabilité et la prospérité. Il obtint le Deylicat après la mort du Dey Baba Ali II, il était son Khaznadji (sorte de premier ministre et de ministre du trésor). Il était un homme modeste, gérant l’état d’une main de maître sans commettre d’excès au contraire un défaut que ces contemporains lui trouvaient était sa « pingrerie »

En 1766 il décida d’augmenter les taxes de passages que le Danemark-Norvège devait payer à l’Algérie mais les danois-norvégiens refusèrent de payer plus. Les raïs d’Alger furent donc autoriser de piller leur navires. Les Danois lancèrent donc une Expédition contre Alger qui est connu au Danemark sous le nom de « Krig mod Algier » (guerre contre Alger) et commandé par l’amiral Frederik Christian Kaas. L’Expédition est un cuisant échec les navires danois sont décimés par le Typhus et une paix humiliante est signé en 1772.

Après cette victoire les raïs dévastent les côtes espagnoles ce qui amènera les espagnols à lancer une armada de 22 000 hommes et 300 navires sur Alger. Le Dey mobilise tout son royaume pour faire face à cet assault notamment les Beys du Titteri, celui de Constantine qui viendra accompagner de troupes sahariennes et du contingent de l’Ouest Algerien mené par le Bey Mohamed Lakhal. Ce fut un fiasco total, les espagnols s’échapperont de ce massacre dans leur navire la nuit laissant leur matériels aux Algériens puis se feront humilié par le Wakil al Kharaj (minstre des affaires étrangères) Sidi Hassan qui exigera 1 000 000 de pesos de réparation

Le prestige de la régence d’Alger à l’international est au plus haut sous le règne du Dey Muhammad, selon Mahfoud Kaddache, Alger n’a jamais aussi bien porté son nom de « Al Mahroussa » que sous son règne

Sur le plan intérieur il nomme à l’est le célèbre Bey Salah qui accroit la production de blé et réforme les habous. À l’ouest il nomme le Bey Mohamed Lakhal dit Mohamed el Kébir qui fut l’artisan de la reconquête d’Oran et de Mers el kébir

Et au centre il nomme le Bey Mustapha el Ouaznadji Bey du Titteri, personnage charismatique qui s’attirera la sympathie des plus grandes tribus arabes de la région notamment les Ouled Naïls

Ce Dey -Muhammad V- fut, en même temps, l’homme de la paix et de la guerre ; celui qui relança la course et signa des traités de commerce. Son administration a été marquée par la stabilité, un grand sens de l’État et une intense activité militaire et diplomatique. Notre Dey mourra de dysenterie le 15 juillet 1791

Le premier parti politique nationaliste Algerien : le collectif des Algeriens

Fondé entre 1832 et 1833 par Hamdan Khodja, Ahmed Bouderba et Ibrahim Moustapha Bacha, ils commencèrent par envoyer une pétition au roi Louis-Philippe 1er pour l’informer des atrocités commises par l’armée de l’invasion,

ils déposèrent un mémoire devant la commission d’Afrique, créée pour enquêter sur la situation en Algérie, dans lequel il dénonçait les crimes et abus des Français.

Ils utilisèrent tous les moyens pacifiques(il furent membre du conseil municipal d’Alger et également membre de la commission française d’indemnisation, des personnes expropriées ou dont les biens avaient été démolis pour cause d’«utilité publique (bidon))

Hamdane Khodja le membre le plus Actif écrivit un livre « le Miroir » (Al Mir’āt’) dans lequel il s’attela à décrire le pays (L’Algérie), les habitants en faisant d’eux des êtres attachants, respectueux de leurs traditions ancestrales.

Pour désigner les habitants : Algérois, Andalous, Kabyles, Arabes, Turcs ou Kouloughlis, il utilise le mot « Algériens », c’est à dire que déjà les notions d’Etat et de nation avaient pris forme dans la Régence. 

Il relate aussi le début de l’occupation française, de son administration et des horreurs et des exactions commises envers la population et ses biens.

Il met l’accent sur Les promesses non tenues de certains généraux, il les accuse d’avoir déshonoré leur intégrité ; c’est la partie miroir ou la partie négative de l’occupation, son but étant de faire passer un message libéral et de toucher l’opinion publique sur la question de l’indépendance de l’Algérie.

Nous comprenons que pour H. Khodja, lorsqu’il parle de patrie il désignait sa terre natale, et par peuple(s) l’ensemble des communautés de la Régence qui formaient une nation , un peuple de tribus tous unis par leur attachement à leur terre, ou comme le souligne

M. Lacheraf : « Quoi qu’il en soit, nation Etat, ou nation communauté ou simple patrie solidairement agissante, et par cela même « nationale », quelque chose existait qui a permis à l’Algérie de s’opposer au cours de 130 ans à une grande puissance impérialiste et à la forcer en définitive à capituler »

Cependant leur entreprise ne fut pas récompensée et les membres durent prendre des chemins différents, Ahmed Bouderba se rallia à l’émirat d’Abd Al Qadir et Hamdan khodja, traqué par le Maréchal Clauzel, s’exila à Istanbul d’ou il surveilla la situation en Algérie de très près avant de mourir en 1842.